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InternationalInter'Actif Une humaité qui renonce à la raison …
Journal du pôle Europe et International de la FNME
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Édito

Le monde a besoin d’alternatives et pas seulement de régulations. Il ne suffit pas de réaménager un système, il s’agit de le transformer. Car, quand 1,4 milliard d’êtres humains vivent sous le seuil de pauvreté et que leur nombre augmente, quand chaque 24 h, des dizaines de milliers de gens meurent de faim, quand disparaissent jour après jour des ethnies, des modes de vie, des cultures, mettant en péril le patrimoine de l’humanité, quand le climat se détériore et que l’on se demande s’il vaut la peine de vivre dans les Iles du Pacifique, en Asie centrale ou en bordure des océans, on ne peut se contenter seulement de parler de crise financière. C’est un devoir moral.

Pour le comprendre il faut adopter le point de vue des victimes qui permet de faire un constat et d’exprimer une conviction. Le constat, que l’ensemble des crises, financière, alimentaire, énergétique, hydrique, climatique, sociale, morale, éthique relèvent d’une cause commune. La conviction, que nous pouvons transformer le cours de l’histoire.

Déjà les conséquences sociales de ces crises sont ressenties bien au delà des frontières de ses propres origines : déficit démocratique, chômage, cherté de la vie, exclusion des plus pauvres, vulnérabilité des classes moyennes et allongement dans le temps de la liste des victimes. Soyons clairs, il ne s’agit pas seulement d’un accident de parcours. Nous sommes confrontés à une logique qui parcourt toute l’histoire économique des deux derniers siècles. De crises en régulations, de dérégulations en crises, le déroulement des faits répond toujours à la pression des taux de profit : en hausse on dérégule, en baisse on régule, mais toujours en faveur de l’accumulation du capital, elle-même définie comme le moteur de la croissance. Ce que l’on vit aujourd’hui n’est donc pas nouveau.

Tout cet ensemble de dysfonctionnements débouche sur une véritable crise de civilisation caractérisée par le risque d’un épuisement de la planète et d’une extinction du vivant. Une véritable crise de sens. Alors, des régulations ? Oui, si elles constituent les étapes d’une transformation radicale et permettent une sortie de crise qui ne soit pas la guerre. Non, si elles ne font que prolonger une logique destructrice de la vie. Une humanité qui renonce à la raison et délaisse l’éthique, perd le droit à l’existence.

Mais une chose est claire : le nouvel acteur historique porteur des projets alternatifs est aujourd’hui pluriel. Ce sont les ouvriers, les paysans sans terre, les peuples indigènes, les femmes premières victimes des privatisations, les pauvres des villes, les migrants, les intellectuels liés aux mouvements sociaux. Certains Etats, notamment en Amérique latine, ont déjà créé des conditions pour que des alternatives concrètes voient le jour.

Les organisations syndicales se doivent de contribuer au renforcement des changements en cours, indispensables pour que le genre humain conquière un espace de vie plus juste et puisse rendre réelle l’espérance.

 

B. RIEUMembre du Pôle International

Edito
 
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