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Novembre 2011, triste mois en vérité, pour l'un des plus grands noms de l'industrie. Le 15, PSA annonce un plan de 6 800 suppressions de postes, dont 5 000 en France. Le tout « sans licenciement sec ni plan de départs volontaires » Ce qui ne console personne… Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du comité central d'entreprise du groupe automobile, exprime son amertume devant la presse : « C'est écœurant et révoltant. Il n'y a aucune raison aujourd'hui de supprimer des emplois chez PSA, qui a 11 milliards d'euros de liquidités. » La révolte le dispute à la surprise. En effet, devant la production et les services généraux, ce sont les chercheurs qui payent le plus lourd tribut, soit 2 100 emplois, sur tous les sites de R&D. De fait, l'annonce de PSA sonne comme un désaveu de la politique de Nicolas Sarkozy, qui a subventionné massivement la R&D via le crédit impôt recherche dont PSA est un gros bénéficiaire. Pour Bernard Devert, secrétaire général de la fédération CGT de la métallurgie, « Depuis ses États généraux en 2009, l'industrie s'est encore affaiblie et ce dans toutes ses filières. Depuis 2000, on a perdu 600 000 emplois. Ce choix fait par le passé de vouloir faire de la France le pays du tertiaire aura été une erreur considérable. Pour la CGT, il y a urgence à changer de cap. »
En cinq ans, la production française d'automobiles a chuté de 27 %. Et la déferlante touche jusqu'aux sous-traitants, à l'exemple de l'usine Bosal de Beine-Nauroy, dans la Marne, qui va supprimer 93 emplois. Ici sont fabriqués des attelages de caravanes et des galeries, pour PSA entre autres. Bosal, société néerlandaise, souhaite recentrer ses activités en Allemagne et en Hongrie, plus rentables… « On ne peut pas continuer à mettre l'industrie sous la tutelle des marchés financiers, martèle Bernard Devert. Les exigences de rentabilité sont contre-productives en matière de long terme. On constate que l'investissement industriel en France continue à reculer. Nous sommes le seul pays européen où la formation professionnelle, rapportée au PIB, recule. À l'autre bout de cette chaîne, nous sommes le 3e pays d'Europe où le niveau de dividendes est le plus élevé.»
L'industrie française se fragilise. Et, « Avec la crise, on voit un secteur bancaire français qui ne joue plus son rôle, contrairement à l'Allemagne. 75 % des PME françaises n'ont plus accès au crédit. On se retrouve avec des entreprises dont les carnets de commande sont pleins, mais qui n'ont plus la capacité financière d'acheter la matière première. »
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Industrie et énergie indissociables
Ce constat affecte-t-il le secteur énergétique ? « Pour produire de l'énergie, il faut disposer de capacités de production. Où et comment va-t-on fabriquer le matériel nécessaire aux turbines, aux centrales thermiques, hydrauliques ou nucléaires ? Nous avons la possibilité d'investir de nouveaux champs technologiques, notamment autour des énergies renouvelables. Il est incompréhensible aujourd'hui qu'on investisse autant dans l'éolien et que l'industrie française soit incapable de répondre à cette demande. » L'énergie a besoin de l'industrie qui a besoin de l'énergie… « Le faible coût de l'électricité française est un atout, notamment pour la transformation de métaux, très énergivore. Mais la politique du gouvernement et celle de l'Europe, qui consiste à augmenter les prix, va avoir un impact sur la stratégie des groupes (1). Si demain on veut développer l'industrie en France, en lien avec l'énergie, il va falloir changer radicalement de cap. »
Perte de maîtrise
Un constat que confirme Marie-Claire Cailletaud, de la FNME. « L'énergie est une filière industrielle qui n'a pas échappé à la désindustrialisation, aux pertes de maîtrise et de compétences. Nous en avons la démonstration sur le chantier de l'EPR de Flamanville. En France, on a perdu la maîtrise de ce type de grands chantiers : on y constate la désorganisation, le manque de tissu industriel et une sous-traitance poussée à l'extrême qui explique aussi la fuite des compétences. »
Christian Vallery
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