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Filière nucléaire : le gouvernement doit enfin prendre ses responsabilités
Communiqué du 12 juillet 2010
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La situation actuelle de la filière nucléaire française préoccupe extrêmement la CGT.
 
Nous estimons que ce qui se joue est hautement stratégique pour l’avenir industriel de notre pays.
 
La filière nucléaire française exige transparence et démocratie.
 
Les enjeux doivent être débattus publiquement.
 
Le rapport Roussely doit sortir des coffres de l’Elysée.
 
La situation actuelle est inacceptable.
 
En effet, remettre d’aplomb la filière nucléaire nécessite d’avoir une véritable vision industrielle à long terme et implique que l’État joue tout son rôle dans un secteur si essentiel, y compris du point de vue financier.
 
Cela implique dans le même temps que les stratégies des entreprises soient mises en cohérence afin d’obtenir une optimisation des compétences et des connaissances d’autant plus qu’aucune des entreprises du secteur ne maîtrise à elle seule toutes les compétences nécessaires.
 
La filière nucléaire française doit s’articuler autour du CEA pour la conception des nouveaux réacteurs (en particulier 4ème génération) et des entreprises expérimentées que sont EDF en tant qu’architecte industriel et exploitant de la centrale, AREVA sur le cycle du combustible et la construction de la chaudière nucléaire et ALSTOM sur le groupe turbo alternateur.
 
Nous pensons que tout autre choix et, en particulier, celui qui consisterait à construire artificiellement d’autres acteurs dans cette filière serait contre productif, voire dangereux à terme.
 
C’est une toute autre partition qui semble se jouer, chacun essayant de concurrencer l’autre avec des partenaires extérieurs.
 
Cela risque à terme, non seulement de se révéler être un leurre, mais de surcroît de conduire à une désintégration complète de la filière et du potentiel humain et industriel existant encore dans ce domaine.
 
Il est grand temps de redresser la situation.
 
Pour ce faire, la CGT rappelle les propositions formulées déjà depuis longtemps.
 
Concernant l’EPR, nous n’avons pas attendu le fiasco d’Abou Dhabi pour alerter sur la situation.
 
Depuis l’origine, nous avons dénoncé un planning irréaliste.
 
La tension sur le délai dégrade les conditions de travail de tous les salariés qui oeuvrent aujourd’hui aux études et à la réalisation de l’EPR, et aggravent les dérives de coûts et de délais.
 
Le mode de gestion se traduit par un management qui fait que les salariés sont en concurrence pour tenir les objectifs, avec un cloisonnement où on ne se parle plus et où chacun cache les réalités.
 
Il faut absolument prendre le temps nécessaire pour construire le réacteur sans précipitation, afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles en termes de sécurité, sûreté et disponibilité future, y compris en s’adaptant aux contraintes techniques et financières d’une première réalisation d’un projet d’une telle ampleur.
 
Il est temps de dégager des équipes d’ingénierie pour faire un point sérieux et précis de la situation afin d’envisager sans a priori toutes les actions nécessaires, afin qu’avec la construction de Flamanville, nous puissions disposer de réacteurs nucléaires efficaces du point de vue technique et économique, que ce soit pour le renouvellement du parc français ou pour des projets à l’exportation.
 
L’industrie nucléaire française a fait par le passé la preuve de ses capacités en ce domaine.
 
Il s’agit de mettre en oeuvre un projet « d’optimisation » de l’EPR, pour en faire le candidat incontestable au renouvellement du parc nucléaire français et le modèle capable de répondre aux besoins d’autres pays dans le cadre de la relance du nucléaire mondial.
 
De même, il faut donner au CEA les moyens financiers pérennes afin qu’il puisse jouer le rôle central qui lui revient en tant que concepteur du réacteur de 4ème génération.
 
Il faut aussi redonner de l’impulsion de façon coordonnée chez EDF et AREVA pour faire la conception et les études, reconstituer, comme au lancement des premiers programmes nucléaire, les compétences des fournisseurs industriels français et européens et ne plus fonder leur politique d'achats sur le moins disant financier et la sous-traitance en cascade.
 
C’est une stratégie qui revivifie l’emploi en France au lieu de se rétrécir sur les quelques compétences existantes.
 
La CGT a évalué à plus de 10 000 le nombre d’emplois à créer dans toute la filière industrielle du nucléaire.
 
A l’export, on ne parle pas ici d’un produit ordinaire qu’il serait possible d’avoir sur étagère ou d’en décliner les options en fonction de niveaux de sûreté ou de capacités économiques des acquéreurs.
 
Nous proposons que les projets à l’exportation puissent être portés au travers d’un groupement d’intérêt économique entre les entreprises françaises ayant des compétences dans le domaine du nucléaire, afin de prendre en compte tous les cas existants en fonction des pays et des besoins (existence ou non d’électriciens nationaux, d’Autorité de Sûreté…).
 
L’expertise de l’Autorité de Sûreté française doit être envisagée sans se substituer à celle du pays.
 
Nous le réaffirmons, l’acceptabilité du nucléaire est en partie due à sa maîtrise publique et c’est un point fondamental pour la CGT.
 
Il est donc impératif aujourd’hui d’écarter toutes les privatisations envisagées et l’idée de tout mécano industriel basé sur la concurrence.
 
Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de la concurrence destructrice dictée par les appétits financiers.
 
Il est grand temps de mettre un terme au dépeçage des entreprises et aux réorganisations stériles.
 
Ainsi, la proposition de Pôle public de l’Énergie portée par la CGT prend ici tout son sens, puisqu’elle permet de coordonner et de fédérer toutes les entreprises du secteur, y compris les sous-traitants, afin de mettre en cohérence les compétences (en partant de la recherche jusqu’à la commercialisation en passant par la production) et d’utiliser au mieux nos ressources humaines et matérielles.
 
Le Pôle public a pour vocation de placer usagers, citoyens et salariés au coeur de son processus de concertation et de décision. Tout ceci conduirait, à terme, à la réappropriation publique du secteur pour permettre d’aller vers des nationalisations nouvelles.
 
 
 
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