

Pour la FNME-CGT, l’annonce faite par le RTE de difficultés prévisibles sur l’approvisionnement électrique de la France dans les prochains mois n’est pas une surprise, à la fois pour des raisons immédiates et structurelles.
Immédiates, car l’augmentation lente mais régulière de la consommation d’électricité (liée entre autres à la perte de compétitivité du chauffage gaz dans les dernières années) aurait dû être associée à la mise en service de nouveaux moyens de production en nombre suffisant.
Sur cet aspect, la FNME-CGT porte des propositions concrètes en matière d’investissement sur une logique de complémentarité des énergies, en lien et place de leur mise en concurrence qui freine les investissements.
Immédiates, car il suffit de consulter les différentes analyses publiées par le RTE depuis plusieurs années pour voir que la situation se dégrade en fait d’année en année avec un pronostic très défavorable à l’horizon 2013 (que le retard constaté de la mise en service de l’EPR ne peut qu’aggraver).
Immédiates, car l’équilibre (toujours délicat) entre production et consommation repose pour une large part sur les arrêts (programmés ou non programmés) des tranches nucléaires qui constituent 85% de la production nationale.
Le Parc de Production nucléaire connaît depuis 2000 un problème majeur de disponibilité, en partie dû à des choix politiques de réduction des coûts sur les domaines de l’organisation du travail, de la gestion des emplois et des compétences ainsi que de la maintenance du matériel.
Ces dix dernières années, les Centrales subissent régulièrement des dommages sur du matériel (parfois important pour la sûreté) tel que les générateurs de vapeur ou les alternateurs qui impactent fortement leur disponibilité.
Depuis maintenant cinq ans, et d’ici 2015, le Parc Nucléaire aura perdu la génération des bâtisseurs sans avoir anticipé le renouvellement des compétences par des embauches à la hauteur des enjeux de sûreté, de sécurité et de disponibilité des installations.
De plus, la gestion catastrophique par les différents échelons de la hiérarchie d’EDF des conflits sociaux du printemps a eu un résultat extrêmement négatif sur la disponibilité des tranches.
La FNME réaffirme son exigence de faire cesser les politiques de revanche après le conflit social du printemps.
Mais cette situation met en exergue plusieurs éléments qui sont plus structurels :
Pour sa part, la FNME-CGT mettra tout en œuvre pour que l’hiver se passe au mieux pour les usagers. Elle continuera à intervenir en ce sens, tant au plan technique qu’au plan social, et ceci dans le Nucléaire, comme sur tous les moyens de production ainsi que sur la gestion des réseaux de transport et de distribution et les pratiques commerciales.