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AREVA - CEA : Quel avenir ?
Communiqué du 29 juillet 2009
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Les dispositions présentées en parallèle dans la période récente simultanément par AREVA et le CEA portent l’empreinte de décisions prises au plus haut niveau de l’Etat. Elles confirment un glissement progressif vers une privatisation du holding, un abandon de la recherche civile dans ce domaine crucial et une sortie du nucléaire civil du champ public. 

 

Le groupe AREVA contrôlé à 93 % par l’Etat, créé en 2001 par le gouvernement dit « de majorité plurielle », intègre la plupart des domaines de la filière nucléaire :
 
-         L’amont de la production d’électricité d’origine nucléaire, à savoir l’extraction, la concentration, la conversion et l’enrichissement du minerai d’uranium, ainsi que la fabrication du combustible nucléaire et sa commercialisation.
 
-         Le pôle réacteurs et services correspondant à la conception et à la fabrication des réacteurs et aux services liés à l’entretien et au fonctionnement quotidien des centrales nucléaires, ceci en lien avec l’activité des exploitants de ces centrales.
 
-         Le pôle aval qui couvre les activités de traitement et de recyclage des combustibles usés.
 
-         La construction et la maintenance de la propulsion navale nucléaire, ainsi que la réalisation des réacteurs expérimentaux.
 
Depuis 2004, le groupe AREVA comprend, en outre, Transmission et Distribution, qui concerne le transport d’électricité à haute tension, moyenne et basse tension, l’automatisation de la gestion des réseaux et les services de maintenance et de conseil auprès des opérateurs.
 
Il développe également une activité Energie Renouvelable, en lien avec T et D, avec pour objectif de faire d’AREVA un acteur majeur dans l’eolien offshore et un concepteur et constructeur de centrales biomasses.
 
Sur le plan industriel, AREVA est implanté et contribue activement au développement industriel régional à travers des sites-phares et de nombreuses implantations en France.
 
Pour l’immédiat, la CGT condamne la sortie de T et D d’AREVA, injustifiée économiquement et porteuse d’un risque d’éclatement du groupe malgré les garanties avancées par ses promoteurs.
 
Le projet de vente de T et D pourrait n’être qu’un leurre car elle ne correspond à aucune logique financière et industrielle, elle est présentée avec des clauses restrictives curieuses qui permettraient en cas de non-vente d’établir un compromis subtil, acheter la paix sociale contre une large ouverture du capital. Comment ne pas penser à un tel scénario quand, trois semaines auparavant, on nous annonçait qu’AREVA ne se séparerait pas d’ERAMET et de ST Microélectronics ? La CGT refuse catégoriquement une telle orientation.
 
Les dispositions communiquées au conseil de surveillance d’AREVA n’apportent aucune réponse pour la déclinaison d’un pôle nucléaire de haut niveau, recherche, développement, industries, pourtant indispensables à l’avenir d’une filière prometteuse.
 
La CGT estime que ceci annonce un déclin, voire un abandon, du rôle majeur que la France a tenu depuis plus de cinquante ans dans le nucléaire civil. Au regard des mécanismes financiers annoncés, des craintes sont permises pour la recherche qui, ne l’oublions pas, est la valeur ajoutée de demain, mais aussi un passage obligé pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux de la planète.
 
Le budget du CEA est en danger ! Augmentation de capital, ouverture de capital signifient mécaniquement une forte décroissance des ressources, en termes de programmes et fonds dédiés civils, démantèlement/assainissement. Une compensation, via la subvention, nous semble bien incertaine.
 
Les annonces relatives au fond dédié « défense » ne font que renforcer nos craintes d’un dépeçage d’un modèle intégré qui a fait la preuve de sa réussite.
 
Carnet de commande, endettement, fonds propres, notations, la CGT est attentive à tous ces facteurs, mais pas convaincue qu’il faille passer par les dispositions que préconise l’Etat par le biais du conseil de surveillance d’AREVA. Nous n’avons aucune information sur l’échelonnement des investissements, des échéances financières et sur les recettes prévisionnelles. La responsabilité de l’Etat est pleine et entière. Les mécanismes de soutien que le gouvernement met en place doivent pouvoir, dans le cadre des critères européens, servir à consolider la holding si besoin est.
 
C’est d’une toute autre politique dont le secteur du nucléaire civil a besoin aujourd’hui ; une politique ambitieuse tant dans le domaine social (embauches, formation salaires, conditions de vie et de travail), que dans le domaine industriel (investissements, outils de fabrication recherche) ; une politique ambitieuse où l’Etat doit prendre toute sa place compte tenu de la place historique qu’il a joué dans le secteur et des perspectives d’avenir de celui-ci, et de son importance stratégique au plan national, européen, et mondial !

 

L’acceptation du nucléaire civil en France est un exercice difficile. Elle recueille une majorité de suffrages parce qu’elle bénéficie de l’image rassurante d’un secteur public, fortement lié à la présence historique du CEA. Attention, cet équilibre est fragile. Il serait criminel de le remettre en cause pour ouvrir aux appétits financiers les profits du secteur au prix de la réorientation radicale envisagée aujourd’hui.
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