

Dans cette période de crise climatique « grand froid » sur toute l’Europe continentale, la Russie par la voie de Gazprom vient de faire savoir son incapacité à répondre aux demandes supplémentaires des opérateurs de la Communauté Européenne, en dehors des contrats long terme.
La sécurité d’approvisionnement en gaz s’appuie sur toute la chaîne gazière dont en amont les sources d’approvisionnement et les meilleures garanties sont assurées par des contrats long terme qui permettent de réguler les fluctuations et sécuriser les prix.
Le « modèle » de la libéralisation de l’énergie a conduit à l’affaiblissement de ces garanties avec l’alibi des prix spot à la baisse qui sert avant tout à augmenter les marges financières.
Ce mouvement d’alignement sur le marché spot va conduire à la même situation que le marché du pétrole sujet à spéculation, donnant ainsi plus de pouvoir aux producteurs qui ont intérêt à la pénurie. Et il faut observer que, dès à présent, les mouvements de bateaux pour l’approvisionnement du GNL se font vers l’Asie, marché émergent et rémunérateur, plutôt que vers l’Europe pour répondre aux besoins.
Le système d’approvisionnement gaz est aussi assuré par toute la logistique d’infrastructures gazières qui fonctionne à plein régime dans cette vague de froid. Cette tension limite entre les capacités de la logistique gazière et la demande de gaz pourrait conduire à ne pas pouvoir répondre sans restriction de fourniture aux utilisateurs, si un défaut quelconque se produisait sur les installations de la chaîne gazière.
Par ailleurs, on peut noter qu’après un premier tiers d’un hiver particulièrement doux, les stockages de gaz ne sont remplis qu’à 85 % de leur capacité pour assurer la fourniture de gaz dans un risque grand froid pour les 3 mois à venir. Avant la dérèglementation, les stockages souterrains étaient utilisés à 100% de leur capacité.
Les directives européennes gaz ont multiplié les acteurs gaziers et donc les risques.
Cette libéralisation fragilise la sécurité d’approvisionnement en gaz des consommateurs et ne répond donc pas aux obligations de service public.
Pour la FNME-CGT, il est urgent que les garanties de fourniture de gaz et d’approvisionnement soient assurées pour tous :
Pour ce faire, la sécurité d’approvisionnement gaz et la garantie de fourniture aux usagers doivent sortir du secteur marchand et être intégrées dans la politique d’une filière gazière sous maîtrise publique, au sein d’un pôle public de l’énergie.
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