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Nucléaire: audit des installations, les moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux
Communiqué du 21 juin 2011
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On ne peut garantir la sûreté nucléaire avec les yeux fixés sur le CAC 40. Le devenir de la filière nucléaire va plus que jamais dépendre précisément de la confiance du public en ces acteurs. Le niveau de crédibilité qui sera accordé à cet audit en constitue un facteur important. Cela demande du temps, la mobilisation de moyens humains à la hauteur des enjeux, et une volonté politique qui doit s'affranchir de tout calendrier électoral, car il en va de l'acceptabilité du nucléaire dans notre pays.

 

Pour la CGT, les moyens mobilisés par les exploitants ne correspondent pas, en l’état actuel, à la hauteur des enjeux posés par l’accident de Fukushima et ne permettront pas de répondre pleinement à l’ensemble des exigences qu’accompagnent nécessairement un examen approfondi du parc nucléaire.
 
A titre d’exemple, EDF a mis un place un plan d’action pour le parc nucléaire comportant plusieurs lots avec des échéances à court, moyen ou long terme. Le lot 3 consiste à effectuer des revues d’évaluation des marges de sûreté. Une des 5 revues associées à ce lot 3 portent sur la tenue au séisme de certains matériels requis en procédure hors dimensionnement.
 
Premier constat : en matière de résistance sismique, EDF ne retient l’examen approfondi que de 30 matériels sur plus de 200 concernés, sans justifier ce choix.
 
Deuxième constat : du côté des Ressources Humaines consacrées à l’ensemble de ces expertises EDF entend faire appel à des sous-traitants pour contrôler les matériels et ne mobilise qu’une soixantaine d’ingénieurs de 3 unités d’ingénierie sur un effectif qui compte plus de 2000 salariés. Sur les 58 tranches du parc nucléaire en exploitation, une seule tranche de chaque CNPE sera contrôlée par des agents EDF, soit 19 tranches, les 39 autres tranches étant contrôlées par les sous-traitants. La question n’est pas bien entendu de remettre en cause la compétence de ces salariés mais d’une part l’audit est plus efficace s’il est effectué par des personnes connaissant parfaitement les installations et d’autre part cette mission est de la responsabilité directe d’EDF et ne doit pas être sous-traitée. Et même le support administratif pour la rédaction des 19 rapports sera sous-traité.
 
De plus, le calendrier avancé, imposant une restitution en fin d’année, ne permettra pas une analyse en profondeur du retour d’expérience de Fukushima. Ce calendrier, imposé par le gouvernement, relève principalement de considérations politiques plutôt que d’une réelle démarche d’analyse et de progrès en matière de sûreté nucléaire.
 
Ainsi, le rapport d’audit qui sera remis au gouvernement en décembre ne peut donc constituer, pour la CGT, qu’un « rapport d’étape » sur la situation des réacteurs français, vis –à-vis des premiers enseignements à tirer en matière de sûreté vis-à-vis de l’accident de Fukushima. Encore faut-il que les moyens mis en oeuvre pour ce rapport d’étape soient suffisants pour qu’il soit crédible.
 
Comme tout accident majeur, une analyse approfondie du retour d’expérience est indispensable. Celui de Fukushima pose des questions de sûreté qui nécessitent des études en profondeur, y compris sur des aspects fondamentaux, et ne sauraient se satisfaire d’une approche superficielle et rapide.
Ces questions concernent notamment :
Les critères de conception, en particulier pour les futurs réacteurs et notamment l’EPR, les règles de sûreté, la notion de redondance des matériels, la notion de cumul d’initiateurs d’accidents et de modes communs de défaillance; la politique de maintenance, le rôle essentiel des facteurs Humains, organisationnels et sociaux.
De telles études ne peuvent se mener en quelques semaines elles nécessitent en outre un renforcement conséquent des services d’ingénieries des exploitants nucléaires.
 
Les stratégies industrielles menées par les opérateurs EDF et AREVA uniquement orientées par des considérations marchandes et gestionnaires ont conduit à délaisser le technique et les ressources qui lui sont nécessaires. Aujourd’hui ces exploitants entendent traiter cet audit comme une « formalité » ne devant pas remettre en cause ces stratégies marchandes.
 
Or on ne peut garantir la sûreté nucléaire avec les yeux fixés sur le CAC 40.
 
Le devenir de la filière nucléaire va plus que jamais dépendre précisément de la confiance du public en ces acteurs. Le niveau de crédibilité qui sera accordé à cet audit en constitue un facteur important.
 
Cela demande du temps, la mobilisation de moyens humains à la hauteur des enjeux, et une volonté politique qui doit s’affranchir de tout calendrier électoral, car il en va de l’acceptabilité du nucléaire dans notre pays.
 
 
Contacts :
Michel LALLIER : 06 85 56 18 81
 
Contacts Presse :
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Laurent LANGLARD : 06 70 30 82 96

 

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