

En prenant la décision d’ouvrir le capital d’AREVA à des investisseurs privés, notamment à des fonds souverains, à l’occasion de l’augmentation du capital du Groupe nucléaire, l’Etat s’engage résolument dans une politique de privatisation du nucléaire, industrie particulière à la fois par ses enjeux stratégiques, environnementaux, de sûreté et par son exigence d’acceptabilité sociale.
Les besoins de financement du Groupe, destinés à assurer son développement industriel, ne doivent pas faire oublier que les décisions prises jusqu’à présent par l’actionnaire majoritaire, c’est-à-dire l’Etat français, n’ont été porteuses, ni des intérêts de la Nation, ni de ceux de l’entreprise, ni de ceux du CEA.
La vente d’AREVA T&D, la cession d’actifs stratégiques contributifs des résultats du Groupe et une politique de dividendes désastreuse ont contribué, comme la CGT l’avait dénoncé à plusieurs reprises, à affaiblir AREVA ; prétexte aujourd’hui d’une décision de recapitalisation supplémentaire qu’il incombe avant tout à l’Etat d’honorer.
Les arbitrages de l’Etat, ou leurs absences, sur les grands dossiers commerciaux ou industriels du Groupe traduisent le parti pris de laisser faire le marché, qui a montré par ailleurs qu’il était dans l’incapacité d’envisager l’économie autrement que sous l’angle de la recherche de rentabilité à court terme.
Le nucléaire est une industrie à cycle long et à haute intensité capitalistique, peu en rapport avec ces exigences de rentabilité immédiate ; c’est une industrie qui nécessite une véritable politique industrielle, singulièrement absente au moment où les besoins énergétiques rendent le nucléaire incontournable.
Alors que les groupes de travail entre AREVA et EDF ont à peine commencé leurs travaux, c’est une opération capitalistique qui est annoncée, en lieu et place d’une véritable organisation de la filière française. Cette dernière dispose pourtant d’atouts humains et industriels incontestables sur lesquels il est indispensable de s’appuyer.
L’opération annoncée n’apporte aucune réponse quant au financement, dans la durée, des moyens nécessaires à la recherche, indispensable pour garantir un avenir à toute la filière nucléaire en France. Elle n’est que la traduction d’une volonté politique d’offrir au capital privé, un autre fleuron du patrimoine industriel de la France.
La CGT appelle les salariés à ne pas se laisser endormir par les promesses d’un éventuel actionnariat mais à porter leurs exigences sociales ; elle appelle les représentants de la Nation, écartés jusqu’à présent, à faire valoir leur droit à se saisir d’un dossier structurant pour l’économie de la France ; elle appelle les populations à la vigilance sur la mise en oeuvre d’un nucléaire destiné à répondre aux besoins et non à satisfaire des appétits financiers.
Contacts Presse:
Marie-Claire CAILLETAUD: 06 17 48 44 79
Laurent LANGLARD: 06 70 30 82 96
Interlocuteur :
Bruno BLANCHON : 06 61 17 99 86