Dans sa remarquable synthèse « l’âge des extrêmes(1), Eric John Hobsbawm ne consacre pas une ligne au premier gouvernement de la présidence Pompidou. Effet d’un certain anglocentrisme ? Conséquence du genre littéraire de l’histoire universelle ? Le silence du grand historien incite à prendre la juste mesure de l’épisode de la Nouvelle société qui ne requiert peut-être pas une considération mondiale mais qui mérite pleinement l’attention des Français à la fois comme réponse spécifique au mouvement social de mai 1968(2) et comme expression du réformisme hexagonal(3). Pour ce faire, nous examinerons la conjoncture de 1969, le projet énoncé le 16 septembre de la même année et les étapes de l’expérience Chabanienne.
I) La conjoncture de 1969
Pour répondre à la crise de 1968, le Général De Gaulle propose la participation que le patronat considérait comme « une lubie »(4), la réforme du Sénat préparée par Jean-Marcel Jeanneney s’annonçant comme un fiasco. Georges Pompidou, sèchement congédié en juillet 1968 pour l’autonomie dont il avait fait preuve lors des négociations de Grenelle et tenu à distance par la suite en raison de l’affaire Marcovitch à laquelle la rumeur mêle l’épouse de l’ancien Premier ministre se déclare le 17 janvier 1969 à Rome « Candidat à l’élection présidentielle quand elle aura lieu ». Coup de poignard qui facilite la victoire du « NON » le 27 avril.
Après la démission du Général, Georges Pompidou est élu au second tour de l’élection présidentielle (25 juin 1969), face à Alain Poher.
Au lendemain de la plus grande grève qui a secoué la France dans sa profondeur, le succès était électoral d’un conservateur bon teint ne surprend que les oublieux de l’impuissance dont la gauche partidaire a fait preuve en mai-juin 1968. Les divisions de l’époque se sont reproduites lors du scrutin de juin 1969. Le peuple de gauche est convié à arbitrer entre quatre candidats, Gaston Defferre (SFIO), Jacques Duclos (PCF), Alain Krivine (L.C.), Michel Rocard (PSU). Pareil éclatement renforcé par l’excellente campagne du candidat communiste aboutit à un duel Poher/Pompidou, bonnet blanc et blanc bonnet pour le PCF, centre et droite pour la CFDT. Le 1er juin 1969, Georges Pompidou recueille 22 % des suffrages ouvriers, Alain Poher 14 % %. Le 15 juin, les scores sont respectivement de 24 % et 22 % (54 % d’abstention)(5).
Contrairement à une idée reçue, une partie du prolétariat français n’a cessé d’être acquis aux idées conservatrices. La division de la gauche facilite l’emprise de la droite.
La crise de mai 1968 avait provoqué un raz de marée littéraire – on ne dit pas encore crise un tsunami éditorial. L’événement est lu à gauche comme trahison du PCF, comment moment de la lutte d’une classe comme expression d’une culture libertaire ou d’aspiration autogestionnaire. A droite, dont une large part s’en tient à la chienlit du complot et au « mystère 68 » (en raison de la dénégation du marxisme), trois interprétations prédominent, le happening (Raymond Aron), la crise de civilisation (Georges Pompidou), un soubresaut d’une société bloquée (Michel Crozier)(6).
Des discours utilisent un vocabulaire de gauche mais entrent souvent en consonance avec la problématique notamment de Michel Crozier « le Communisme utopique » d’Alain Touraine et « la nouvelle classe ouvrière » de Serge Mallet (L’édition 1969).
Si l’on caractérise les années 1966-1976 comme celles de la « croissance troublée », le séisme social prolonge les tendances antérieures et en accentue certains traits. Le structuralisme règne mais Pierre Bourdieu, Jean Baudrillard, Claude Lefort, Jean-François Lyotard font entendre une autre musique. Féminisme, régionalisme, écologie s’affirment. Le PCF et la CGT peinent à se rénover tandis que le PS, à travers la signature du Programme commun de gouvernement, retrouve vitalité électorale et ambition gouvernementale. A partir de 1976, l’antitotalitarisme s’installe comme thématique médiatique multipolaire (centre, droite, extrême-droite) et polyphonique (philosophes, historiens, économistes, politologues)(8).
Le 28 avril 1969 à 0 heure 11, le Général de Gaulle annonce sa démission de la Présidence de la République. La phase Gaullienne de la Vè république est close, même si l’UNR proclama sa fidélité envers l’homme du 18 juin 1940 et sa volonté de poursuivre son œuvre. Georges Pompidou rassure le patronat mais inquiète les gaullistes de gauche, René Capitant en tête. Homme d’ordre, soucieux de progrès mais ouvert, sous l’influence de sa femme Claude, à la modernité artistique et musicale, l’homme du Cantal gouverne la France de manière prudente et pateline, ses ennemis diront maquignonnesque. Le premier tome de Mémoires d’espoir, Le Renouveau (1958-1962) paraît en octobre 1970 et les 250 000 premiers exemplaires sont rapidement épuisés. Le Général de Gaulle meurt le 9 novembre de la même année. Georges Pompidou est délivré de la présence « de la statue du Commandeur ». Incontestable caution de gaullisme en raison de sa participation à la Résistance et de sa complicité avec le Général, Jacques Chaban-Delmas ne sera congédié qu’en juillet 1972 après les révélations du Canard Enchaîné sur l’avoir fiscal et le mauvais score du référendum du 23 avril sur l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE pour laisser place à Pierre Messmer, le fondateur de l’association « Présence du gaullisme ».
II) Le projet Chaban
Né en 1915, Docteur en Droit et diplômé de l’ELSP, Jacques Delmas entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Chaban. Il s’attribue le titre de général que Charles de Gaulles lui accorde à la Libération. Le jeune homme pressé est interprété à l’écran par Alain Delon dans le film « Paris, brûle-t-il ? ». Député radical de la Gironde, il rejoint le RPF en 1947 et se range parmi les républicains sociaux après la dissolution du Rassemblement en 1952. A partir de 1954, il participe aux gouvernements de Pierre Mendès France, Guy Mollet et de Félix Gaillard. En mai 1958, il appuie le retour du Général de Gaulle au pouvoir. Contre l’avis de ce dernier, favorable à Paul Reynaud, Chaban est élu à la Présidence de l’Assemblée Nationale en décembre 1958. Il restera au « perchoir » jusqu’en juin 1969, date à laquelle il est nommé Premier Ministre.
Dix années au sommet du Palais Bourbon ont permis à Chaban de connaître finement le milieu politique. Sa gestion de la mairie de Bordeaux témoigne de son savoir-faire dans la conciliation des principes du gaullisme et l’adaptation aux réalités locales.
Depuis 1960, Chaban réunit à l’Hôtel de Lassay un groupe de réflexion qui comprend une vingtaine de personnalités : Jacques Ferry de la sidérurgie, Pierre Laroque, le fondateur de la société sociale, Michel Debatisse (Jeunes agriculteurs), Albin Chalandon, Paul Delouvrier, François Bloch-Lainé (CDC), Henri Ziegler (SNIAS), Jacques Bloch-Morhange, conseiller économique. Le groupe analyse les problèmes de la société française et envisage les orientations souhaitables pour demain, égalité des chances, décentralisation, modernisation de l’économie et des rapports sociaux. Des syndicalistes sont invités à l’occasion, Gabriel Ventéjol pour FO, Jacques Delors pour la CFDT, Jacques Bloch-Mohrange aurait souhaité que les travaux du groupe soient publiés. Chaban s’y est toujours opposé. Le conseiller économique éditera sous sa seule responsabilité chez Fayard un ouvrage proche du « Manifeste », Fonder l’avenir, rejoignant les thèses du Club Jean Moulin.
Comme beaucoup d’hommes politiques, Chaban est convaincu qu’il sera un jour appelé à diriger la France. En 1969, il pressent que l’heure de son accession à la tête du gouvernement a sonné. Lors d’un déjeuner à l’Hôtel de Lassay, le lundi 16 juin 1969, Georges Pompidou annonce officiellement à Chaban qu’il a décidé d’en faire le Premier Ministre de l’après-gaullisme. Pour occulter Poher et contrecarrer l’esprit de mai 1968.
Chaban constitue un cabinet dont la composition fournit une première expression de ses objectifs. Auditeur au Conseil d’Etat, Yvan Cannac, jeune fonctionnaire brillant et réformateur, rédigera les discours du Premier Ministre. Yves Chaigneau du CERC apporte sa compétence pour la politique dans le secteur nationalisé. Guy Métais, cadre RATP, couvre l’éducation nationale et la formation professionnelle. Les questions économiques sont confiées à Simon Nora, mendésiste, commissaire de la CEE, auteur en 1967 d’un retentissant rapport sur la réforme des entreprises publiques. Enfin Jacques Delors (alias Roger Jacques de Vie Nouvelle et du Club Citoyen 60) supervise le « social ». Equipe de centre-gauche, en terme politique, conseillers techniciens et partisans d’un capitalisme industriel régulé, le brain-trust de Chaban contraste avec celui de Georges Pompidou : Edouard Balladur, Pierre Juillet, François Laronde, plus libéral et conservateur.
Dès sa nomination, Chaban se met à la formation du gouvernement puis, après une première déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale le 26 juin 1969, à la gestion des affaires courantes.
Le 8 août, il est procédé à une dévaluation du franc. Chaban-Delmas déclare : « Il fallait d’abord assainir la base de départ. C’est chose faite ». La décision porte atteinte à la hausse des salaires accordée à Grenelle. Elle rappelle que Chaban a été inspecteur des finances et que ses idées de gauche rejoignent celles de Georges Pompidou sur l’importance de l’argent et de la propriété. Le 3 septembre, Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances, présente un plan de redressement. L’immédiat ayant été traité, Chaban s’attèle à la présentation de sa ligne d’action. La déclaration prévue pour le 16 septembre 1969 tient une quinzaine de pages denses et réfléchies. A midi, le discours n’est pas encore complètement achevé et Georges Pompidou exige la copie sans tarder(9).
L’allocution du Premier Ministre s’ouvre par le rappel du rôle international de la France et de la nécessité d’un assainissement de l’économie française(10). Elle envisage ensuite les facteurs principaux de blocage de la société française : la fragilité de l’économie, l’importance de l’Etat et l’archaïsme des structures sociales. Une fois l’étiologie établie, le Premier Ministre envisage la thérapie par « devoir d’avenir ». Il trace les grandes pistes : le développement de la formation, la dynamisation de l’Etat, l’accroissement de la compétitivité économique, le rajeunissement des structures sociales.
L’expression de « société bloquée » vient du politologue américain Stanley Hoffman qui utilise pour la première fois la lexie dans « A la recherche de la France » (Seuil 1966) Michel Croisier lui emprunte l’expression dans son ouvrage consacré à mai 1968 (Seuil, 1969). Les deux hommes se rencontrent notamment au troisième cycle de la FNSP que fréquente aussi l’autre politiste étatsunien Laurence Wylie(11).
Sans l’once d’une polémique faite à leur égard, ces intellectuels promeuvent l’américanisation de la société française. Gaulliste, Chaban partage cette problématique. Contradiction ? Dans sa réforme constitutionnelle de 1962, le Général lui-même a emprunté aux institutions d’outre-Atlantique. De surcroît, pour exister face à la première puissance du monde, il est nécessaire d’accroître le potentiel économique français. D’où la politique atomique, achromatique, informatique.
Les solutions proposées par Chaban sous le vocable de « Nouvelle société » sont en partie classiques (formation, renforcement des infrastructures, réduction du budget) et en partie innovantes (politique contractuelle dans le secteur public et la fonction publique d’Etat). L’argumentation, en revanche, ne brille pas par l’originalité. La faiblesse de l’économie française est régulièrement déplorée, le colbertisme étant incriminé. L’hypertrophie de l’Etat remonte au Girondisme. Quant à l’archaïsme (holisme) son utilisation stigmatisante remonte au moins au XIX(12).
III) Réalisations et enlisement
Chaban-Delmas et son équipe espéraient provoquer un choc par un discours tonique et séduisant. Il irrite le Président de la République par son caractère personnel, plus IVe que Ve République. De surcroît, l’Elysée n’apprécie pas la lexie « Nouvelle société » que le candidat à la présidentielle de 1969 avait envisagé d’utiliser et finalement abandonne en raison de son caractère « trop com »(13). Comme le titre Le Monde du 18 septembre 1969, « une part de la majorité accueille avec scepticisme l’idée de « Nouvelle société ».
Le gouvernement Chaban ne s’attelle pas moins avec « ardeur » à la réalisation de son projet au sein duquel il doit inscrire les promesses du Président de la République, particulièrement la mensualisation des ouvriers « horaires ».
Le Ministère Chaban dura trois ans (22 juin 1969 – 5 juillet 1972) et traversa trois phases. La première, celle de l’élan initial, s’étend de la formation du gouvernement à la conférence de presse de Georges Pompidou du 2 juillet 1970. La première année de la Nouvelle société est marquée par le conflit autour du contrat de progrès signé à EDF (19 novembre 1969 – 14 janvier 1970). La confrontation entre la CGT et le Premier Ministre avait montré la résolution de ce dernier à vaincre et abaisser la maison cégétiste mais aussi la capacité de la centrale syndicale à faire front, à justifier ses revendications et s’adresser à l’opinion publique(14). Après cette passe d’armes, Chaban-Delmas obtient la signature d’un accord avec la SNCF (22 février 1970) qui sème le trouble à la CFDT, aux Charbonnages (2 mars).
Le gouvernement Chaban réforme le SMIG et le statut de Renault. Le 18 juin, le Parlement approuve les grandes lignes du VIIè Plan. Face à la contestation gauchiste, à la grogne des paysans et des commerçants, le gouvernement fait preuve de fermeté. Au total, sachant que la réforme de la mensualisation(15) est prête, le premier bilan apparaît positif. Le Président de la République ne s’en distancie pas moins. Le 2 juillet, il déclare : « J’attache plus d’importance à l’homme dans la société qu’à la société elle-même ». Expression classique de l’individualisme bourgeois et d’un entendement non-dialectique.
Après l’élan contrarié, la seconde phase du Ministère Chaban, celle des réalisations sous surveillance, dure également un an. De la réserve du Chef de l’Etat envers la Nouvelle société
(2 juillet 1970) à la censure du Conseil constitutionnel (16 juillet 1971) de la loi sur les associations. En dépit des difficultés et de concession sur le contenu des contrats de progrès (SNCF, 11 janvier 1971), Jacques Chaban-Delmas inscrit à son actif la rénovation des conventions collectives(15), le développement de la formation continue(16).
Comme le relève avec ironie Gil Delannoi, le conseil constitutionnel affaiblit le démocratique et moderniste Chaban en censurant sa loi sur les associations le 16 juillet 1971(17).
Dans sa dernière phase gouvernementale, selon la formule de deux commentateurs pourtant favorables à la Nouvelle société, Chaban « s’est essoufflé »(18). La chronologie se vide de mesures importantes. Les déconvenues se multiplient. Michel Poniatowski attaque le Premier Ministre le 20 août 1971.
Le Canard Enchaîné publie le 19 janvier 1972 sa déclaration de revenus. Le référendum du 23 avril 1972 sur l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE recueille pour le OUI 36,37 % des inscrits. François Mitterrand qualifie Pompidou de « Monsieur tiers ». Le remaniement gouvernemental du 15 mai 1972 moindre que celui du 25 janvier 1971, le prive de Philippe Dechartre et le dessaisit du dossier de l’ORTF au profit du rapporteur du projet Malaud, Edgar Faure. Le 20 juin 1972, Valéry Giscard d’Estaing, ministre de l’économie et des finances, déclare « importune toute initiative qui rende plus difficile l’exercice de la solidarité ». Le 27 juin 1972, Georges Pompidou demande à son Premier Ministre de démissionner, ce qu’il fera le 5 juillet. Pourquoi cette chute à laquelle les Français ne s’attendent pas ?
Le départ de Jacques Chaban-Delmas résulte de la logique des institutions de la Vè république. Le Premier Ministre est un collaborateur temporaire du Président de la République auquel il ne doit pas porter ombrage mais servir, si besoin, de fusible.
Au bout de trois ans de gouvernement, Chaban était usé pour quatre raisons principales. Tout d’abord, il a agi seul, sans le soutien du Président, ni celui de la majorité, mi même du gouvernement en son ensemble. Les pompidoliens n’ont jamais apprécié le tandem Delors-Nora ni le soutien à Pierre Desgraupes. Les giscardiens, aidés par les radicaux de Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJ-SS) entendent déstabiliser pour dégager la voie lors de la prochaine présidentielle.
En second lieu, l’équipe Chaban disposait d’excellents techniciens comme Jacques Delors et Simon Nora mais pas de fins politiques. Chaban lui-même s’est révélé un médiocre tacticien, insuffisant dans la communication et dans la présence sur le terrain.
Troisièmement, Chaban a échoué dans la séduction de la CFDT et finalement l’axe CGT-CFDT s’est remis en place tandis que la stratégie du PCG (Programme Commun de Gouvernement) se constituait.
Enfin, le projet de Nouvelle société plus sonore que puissant souffre de ses propres limites. Jean Bunel et Paul Meunier au terme de leur étude du gouvernement Chaban, tout en admettant la faiblesse de l’homme, incriminent fondamentalement la complicité objective du conservatisme UDR et de la démagogie PCF, relayé par la CGT (19).
Le schéma explicatif attribue la cause du blocage de la société française à la manifestation de sa contradiction interne. Pour reprendre l’expression de Françoise Fressoz. Le caractère « éphémère » de la Nouvelle société ne résulte pas d’autre causalité que l’évanescence du réformisme redevable du mythe de Prométhée ou du tonneau des Danaïdes. Tout changer pour que rien ne change. Procéder à la critique du réformisme ne saurait signifier exempter le mouvement révolutionnaire d’effectuer sa propre autocritique.
Remarque finale
De l’expérience Chaban, il reste quarante après le SMIC, la politique contractuelle dans la fonction publique(20) et fortement écornée par le MEDEF, la formation continue.
En trois ans d’exercice du pouvoir, sans appui populaire, est-il possible de laisser des « traces » plus considérables ? Congédié alors qu’il était usé, Chaban sera « politiquement achevé » par Jacques Chirac en 1974. Le mythe du « social-delorisme » durera davantage. Ministre de l’économie en 1981, Président de la Commission Européenne en 1991(21), l’homme du contrat et de la rigueur a renoncé à être candidat à la présidentielle post-mitterrandienne faute de soutien des centristes ralliés à Edouard Balladur. L’échec de 1969-1972 n’a pas conduit l’auteur de Changer (Stock, 1975) à s’intégrer sur sa stratégie(22).
1) HOBSBAM (Eric-John). L’âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle. Paris, Complexe Le Monde Diplomatique. 1994, 810 p.
2) MOURIAUX (René), NARRITSENS (André). « Bibliographie sélective sur mai 1968 ». Cahiers d’Histoire Sociale n° 106, juin 2008, pp 22-23
3) Episode complètement occulté par un historien socialiste DULLERT (Vincent). La Gauche devant l’histoire. Paris, Seuil, 2009, 165 p
4) WEBER (Henri). Le parti des patrons. Le CNPF (1946-1986). Paris, Seuil, 1986, p 172
5) ADAM(Gérard) et al. L’ouvrier français en 1970. Paris, Colin, 1970, p193 et p 206
6) Le débat. Les idées en France – 1948-1988. Une chronologie. Paris, Gallimard, Coll. Folio, pp 254-256
7) CAPDEVIELLE (Jacques). MOURIAUX (René). Mai 1968. L’entre-deux de la modernité. Paris, Presse FNSP, 1988, pp168-213
8) GOETSCHEL (Pascale), LOYER (Emmanuelle). Histoire culturelle et intellectuelle de la France au XXe siècle. Paris, Colin, 1995, pp158-161. L’archipel du goulag paraît en 1974.
9) FRESSOZ (François). « L’éphémère Nouvelle société ». Le Monde, 2-3 août 2009
10) Texte intégral in (Bunel (Jean), Meunier (Paul). Chaban-Delmas… Paris, Stock, 1972, pp 251-273
11) L’ouvrage dirigé par Stanley Hoffman est paru en américain à Harvard en 1959. Le succès de « In search of France » a été suivi de « Searching for the New France » dirigé par James F. Holligield et George Ross (Routlegde, 1991).
12) MOURIAUX (René), NARRITSENS (André). Lexique usuel critique de l’idéologie dominante économique et sociale. Montreuil, I-CGT-HS, 2009, pp7 – 9 et 85
13) FRESSOZ (Françoise). Article cité. Toutes les appréciations à droite ne font pas aussi circonspectes. Jean-Marc Donegani et Marc Sadoun rappellent celle de Jean-Pierre Soisson. « La Nouvelle société – un trait de lumière », « pour rejeter sur la droite la majorité du gaulliste » in SIRINELLI (Jean-François) – dir. La droite française de la Révolution à nos jours. Paris, Gallimard, Col. Folio, 1995, p 732
14) MOURIAUX (René). Action syndicale et opinion publique. Le cas de la CGT-EDF. Du contrat de progrès de 1969 à la lutte contre la privatisation de 2004. Annales historiques de l’électricité, n° 6, décembre 2008, pp 11 - 21
15) Inspiré par Georges Levard, l’engagement de Georges Pompidou comme candidat à la présidentielle de 1969 d’instaurer la mensualisation pour les ouvriers « horaires » est repris par le Premier Ministre et le Ministre du Travail Joseph Fontanet dès le mois d’août 1969. L’Institut des Sciences Sociales du Travail (ISST) a été chargé d’étudier les pratiques en ce domaine et Jean Bunel remet un rapport avant la fin de l’année (157 p.). Le CNPF, conscient de la nécessité d’une réponse appropriée à la secousse de mai 1968 approuve le projet et établit avec les syndicats une position commune (20 avril 1970). Il va sans dire que l’Association professionnelle des banques (APB) est favorable à la mesure.
16) ADAM (Gérard), REYNAUD (Jean-Daniel), VERDIER (Jean-Maurice). La négociation collective en France. Paris, Ed Ouvrières, 1972, pp 114-119
17) LE CROM (Jean-Pierre) dir. Deux siècles de droit du travail. Paris. Ed de l’Atelier, 1998, pp 229-239
18) DELANNOI (Gil). Les années utopiques 1968 – 1978. Paris, la Découverte, 1990, p 105
19) BUNEL (Jean), MEUNIER (Paul). Chaban-Delmas, Stock, 1972, p 208
20) Reprise dans le statut de 1983. SIWEK-POUYDESSEAU (Jeanne). Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle. Paris, Berger-Levrault, 2001, p260
21) ROSS (Georges). Jacques Delors and European integration. New York, Oxford University Press, 1995, 326 p
22) La constitution de la Ve République dicte la bipolarisation et l’idée d’échapper à l’antagonisme gauche/droite, relève du mythe. L’ouverture du PS au « Centre » l’a toujours droitisée.