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Institut d'histoire socialeles Cahiers de l'IHSME « Regardez à travers le peuple et v…
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« Regardez à travers le peuple et vous apercevrez la vérité* »

Après les élections européennes du 7 juin dernier, beaucoup d’observateurs et de dirigeants politiques feraient bien de s’inspirer de cette formule du poète.

 

La démocratie, ce n’est pas seulement participer à un vote mais c’est d’abord s’emparer de ce qui fait l’objet du débat.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les grands enjeux européens n’ont pas fait l’objet de débats de la part des médias à quelques rares exceptions près.

 

Or, la question des idées et bien essentielle. Dans « Le Figaro » du 17 avril 2007, Nicolas Sarkozy indiquait : « Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Antonio Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. Depuis 2002, j’ai donc engagé un combat pour la maîtrise du débat d’idées ».

 

On ne saurait être plus clair !

 

Précisément, c’est bien cela qu’a oublié la gauche, qu’il s’agisse des questions européennes comme de toutes les questions économiques et sociales.

 

Comme le dit Victor Hugo, il convient de regarder le peuple. Celui-ci s’est manifesté avec force dans la dernière période. C’est de bon augure pour le présent comme pour l’avenir.

 

Force est de constater qu’il y a une contradiction entre cette émergence du mouvement social et son expression dans une échéance politique. Cette contradiction s’est traduite par l’abstention.

 

Les partis politiques sont placés devant leurs responsabilités. Au mouvement social, au syndicalisme de les interpeller.

 

Si le syndicalisme n’a pas à participer ou collaborer à un projet politique, il est de sa responsabilité de mettre en débat ce à quoi aspire le monde du travail.

 

Le colloque de La Ricamarie, dont le présent numéro relate les travaux, a traité de cette question du rapport du syndicalisme au politique.

 

Là aussi, l’histoire, sa connaissance nous aide tant il est vrai que l’histoire ce n’est pas se tourner vers le passé mais c’est mettre au présent des choses sur lesquelles on est passés.

 

Dans le domaine de l’énergie, qui est le champ de notre responsabilité, l’heure est venue de poser avec force la question de la démocratie sociale, de la propriété sociale qui concerne le personnel, les usagers, les élus.

 

Face à la crise du capitalisme, à partir des limites ou des échecs des expériences passées, l’heure n’est-elle pas venue d’engager et organiser démocratiquement des pratiques de ré appropriation autogestionnaire de l’appareil productif et de la vie sociale tout entière ?

 

N’est-ce pas là, comme l’écrivait Aragon dans « Promesse d’un autre futur », le meilleur moyen de « voir encore sourdre la floraison des grands rosiers humains promis à l’avenir » ? 

* Victor Hugo
« Les Misérables »

 

Couverture N° 23
Par François Duteil, président de lInstitut
 
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